Algérie : Le journalisme et la liberté d’expression menacés

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Nous partageons la publication de Karim Tabbou (Porte parole de l’UDS, parti pas encore agréer, à cause du blocage administratif) sur sa page Facebook, qui apporte son soutient aux journalistes et à la liberté d’expression qui reste menacé en Algérie.

« Nos lassitudes, nos animosités et notre indifférence font le lit de la violence.

La Presse nationale a vécu l’une des semaines les plus difficiles de cette année. En effet, les responsables du quotidien national la « Tribune » ont lancé, au courant de la semaine, un cri de détresse en direction de l’opinion publique pour tenter de sauver le journal d’une sérieuse menace de disparition à cause d’un essoufflement financier.

A Tizi Ouzou, c’est une journaliste qui annonce sur son compte facebook avoir été victime d’insultes et de graves menaces proférées contre elle par un cadre d’un parti politique qui lui reprochait le fait d’avoir rapporté l’information sur la cascade de démission des militants de son parti.

Au quotidien national « EL MOUDJAHED » c’est une journaliste qui a été grièvement blessée par le photographe du journal, fils du directeur de cet organe étatique d’information, les blessures lui ont causé un arrêt de travail de sept jours !

Cette violence multiforme atteste de la difficulté et de la précarité de l’exercice de ce métier noble : Le journalisme. Une précarité savamment entretenue par les pouvoirs publics qui s’emploient à réduire par tous les subterfuges possibles, son potentiel et ses marges de manœuvres. L’iniquité dans la répartition de la rente induite par la publicité, monopole exclusif de l’Etat, apporte la preuve matérielle de cette volonté d’entretenir l’instabilité et la dépendance de la presse des services de l’Etat.

L’absence de solidarité entre les différents groupes de presse, les divisions idéologiques et les clivages politiques ancrés dans la corporation ont constitué les facteurs multiplicateurs de ses vulnérabilités et de ses divisions. Ce sont nos lassitudes, nos animosités et notre indifférence qui font le lit de la violence.

Si nous voulons préserver notre honneur collectif, nous devons agir de concert pour desserrer cette asphyxie qui étrangle chaque jour un peu plus les libertés ; toutes nos libertés !

En toute franchise, il nous arrive de porter un regard critique sur les journalistes et leur travail, nous ne devons pas nous laisser détourner de l’essentiel, le devoir de gratitude nous impose d’agir pour montrer notre solidarité.

N’oublions pas que durant de longues années, au prix de sacrifices énormes, les journalistes ont su garder ces espaces de libre circulation de l’information; ils ont subi dans leur chair toutes les contusions et les brisures des années de violences et ils ont été les témoins gênants d’un système politique rusé et opaque.

Pendant que les uns aiguisaient leurs couteaux et que les autres mettaient les mains sur les gâchettes, ils ont donné la voix aux sans voix et brisé les murs du silence et de la peur.

Nos amis journalistes de la « Tribune », journalistes victimes des harcèlements et des violences, recevez nos salutations respectueuses et notre solidarité militante. »

Source : Karim Tabbou

 

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